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Pour aller plus loin

Ce que personne ne dit sur les bonnes résolutions

  • Photo du rédacteur: Elian Vermeulen
    Elian Vermeulen
  • 1 janv. 2026
  • 4 min de lecture

Chaque début d’année arrive avec la même promesse silencieuse.

Cette fois, ce sera différent.

On le ressent presque physiquement. Une énergie neuve. Une page blanche. L’impression que quelque chose doit changer maintenant. Alors on dresse des listes. On décide. On promet.

Et pourtant, quelque part entre la mi-janvier et le mois de février, quelque chose se fissure.

Ce n’est pas spectaculaire. Ce n’est pas un abandon franc. C’est plus discret. Un entraînement sauté. Une résolution reportée à « demain ». Une motivation qui s’effrite lentement. Puis la culpabilité. Puis le silence.

Si ce scénario vous est familier, ce n’est pas un manque de volonté. C’est autre chose. Et c’est précisément ce dont on ne parle presque jamais.


4 min de lecture

Homme debout face à deux chemins, symbole de choix et de réflexion sur ses résolutions de nouvelle année

Le vrai problème des bonnes résolutions


Les bonnes résolutions reposent sur une idée profondément séduisante. Changer par la seule force de la décision.

À partir du 1er janvier, je serai plus discipliné. Plus calme. Plus motivé. Plus aligné.

L’envie de changer n’est pas le problème. Elle est même souvent sincère. Ce qui pose difficulté, c’est la manière dont ce changement est envisagé.

Une résolution fonctionne comme une injonction. « À partir de maintenant, je dois… » Elle exige un résultat mesurable, rapide, visible. Elle laisse peu de place au doute, à l’ajustement, ou simplement à la réalité du quotidien.

Or la réalité est simple. Le corps, l’esprit et les habitudes ne redémarrent pas à minuit le 1er janvier. Ils avancent avec ce qu’ils sont déjà, avec leur histoire, leur fatigue, leurs élans et leurs résistances.

C’est là que le décalage commence.


Pourquoi ça échoue si souvent ?


Les résolutions échouent rarement par manque de motivation. Elles échouent parce qu’elles entrent en conflit avec quelque chose de plus fort que la volonté. Le fonctionnement humain.

Changer durablement demande du sens, pas seulement de la discipline.

Lorsque la résolution est rompue, parfois dès les premières semaines, un mécanisme bien connu s’active. L’auto-jugement. Le discours intérieur devient dur, parfois même brutal.

« Si je n’y arrive pas, c’est que je ne suis pas assez sérieux. »

À partir de là, l’élan initial se transforme en pression. Et la pression, paradoxalement, pousse rarement à avancer. Elle pousse plutôt à éviter, à repousser, à abandonner en silence.

Beaucoup renoncent alors. Non pas parce qu’ils ne veulent pas évoluer, mais parce que le cadre qu’ils se sont imposé est trop rigide pour un être vivant.


Quand changer devient se réparer


Derrière certaines résolutions se cache une idée plus discrète, mais lourde de conséquences. L’idée qu’il y aurait quelque chose qui ne va pas chez soi.

Alors on veut corriger. Compenser. Améliorer. Rapidement.

Mais vouloir évoluer ne signifie pas se rejeter.

Lorsque le changement part d’un rejet de soi, « je suis trop comme ci », « pas assez comme ça », il s’épuise vite. Parce qu’il demande de lutter contre soi-même.

Et personne ne gagne durablement une guerre intérieure.

Ce glissement est fréquent. On croit viser une meilleure version de soi, alors qu’on tente surtout de faire taire une insatisfaction profonde. La résolution devient alors un moyen de se réparer, plutôt qu’un chemin pour se comprendre.


L’intention, un changement de posture


C’est ici qu’apparaît une alternative souvent négligée. L’intention.

Une intention ne fixe pas un résultat immédiat. Elle propose une direction.

Là où une résolution impose une action précise, comme méditer vingt minutes par jour ou reprendre le sport trois fois par semaine, l’intention pose une question plus large. Quelle qualité de vie ai-je envie de cultiver cette année.

Par exemple, au lieu de se dire « je dois méditer tous les jours », une intention pourrait être « je souhaite cultiver plus de calme dans mon quotidien ».

La différence peut sembler subtile. Elle est pourtant déterminante.

L’intention n’évalue pas en permanence. Elle observe. Elle n’impose pas. Elle oriente. Elle laisse de la place à l’humain, avec ses fluctuations, ses ajustements et ses imprévus.


Pourquoi les intentions tiennent davantage ?


Sur le plan psychologique, l’intention mobilise un autre levier. Celui de la cohérence interne.

Lorsqu’une personne se relie à une valeur plutôt qu’à une performance, elle cherche naturellement à agir de façon plus alignée. Sans se forcer. Sans se punir.

La question n’est plus « ai-je réussi ou échoué », mais « est-ce que ce choix me rapproche de ce qui compte pour moi ».

Ce déplacement change profondément la relation au changement. Il transforme l’évolution personnelle en un processus vivant, adaptable, et surtout soutenable dans le temps.


Une autre façon d’entrer dans l’année


La nouvelle année n’a peut-être pas besoin de promesses spectaculaires.

Elle a peut-être besoin de quelque chose de plus simple. Une direction claire. Une curiosité sincère. Une écoute plus fine de ce qui est déjà là.

Formuler une intention, ce n’est pas renoncer à évoluer. C’est choisir d’avancer sans se violenter. C’est accepter que le changement durable se construit rarement dans la contrainte, mais souvent dans la compréhension.

Et si, cette année, au lieu de vous demander ce que vous devez absolument changer, vous vous demandiez comment vous avez envie de vivre, jour après jour.



 
 
 

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